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Projet de territoire – Quel avenir pour la CCEMS ?

Suite à la déclaration « d’amour » faite par Frédéric Duché dans le numéro de l’hebdomadaire, L’Impartial des Andelys daté du 4 février 2016, Catherine Meulien, Présidente, tient à réagir et surtout à rétablir les vérités « oubliées ».

Quatre pistes sont étudiées par les Maires et élus pour l'avenir du territoire de la CCEMS

Que répondez-vous aux arguments avancés par M. Duché dans le courrier adressé aux maires de la CCEMS ?

Catherine Meulien :  Tout d’abord, sur la forme, n’étant pas maire mais adjointe à Saint Pierre de Bailleul, je regrette d’avoir découvert ce message destiné aux élus d’Eure Madrie Seine (EMS) dans l’Impartial. Monsieur Duché semble oublier qu’il y a une Présidente à la tête d’EMS.

Sur le fond, Monsieur Duché invite les élus de la Communauté de Communes Eure Madrie Seine (CCEMS) à réfléchir sur un avenir commun avec les agglomérations voisines. Nous n’avons pas attendu Monsieur Duché pour amorcer cette réflexion. Dès la proposition du schéma par Monsieur le Préfet, Jean-Luc Récher, mon prédécesseur, avait évoqué l’Axe Seine en juin 2015.

Même si je le rappelle, avec 30 000 habitants, EMS n’est pas obligée de fusionner avec une autre collectivité (le seuil fixé par la loi étant de 15 000 habitants), la CCEMS n’a jamais été réfractaire à une fusion réfléchie.

Comment avez-vous mis en place cette réflexion avec les élus ?

J’ai toujours souhaité être transparente dans ma démarche et j’ai beaucoup communiqué. Des réunions ont été organisées avec les Maires et les élus communautaires. De même, un séminaire d’information a été organisé à l’intention des élus municipaux et notre magazine d’information « regards » destiné aux 12 000 foyers de la CCEMS a relayé très largement les décisions prises.

Dès mon arrivée à la présidence de la CCEMS, j’ai rencontré respectivement les Présidents des trois agglomérations alentour : Monsieur Leroy à la CASE, Monsieur Volpatti à la CAPE et Monsieur Lefranc au GEA.

Lors de mes rencontres avec les Présidents, tous s’étaient engagés à nous fournir les documents administratifs et comptables de leur collectivité respective afin que nous puissions réaliser un travail d’analyse nécessaire et préalable à une fusion. Seuls les élus de la CAPE n’ont pas tenu leur engagement. On ne peut pas signer un chèque en blanc à la CAPE s’ils ne nous fournissent pas les informations.

Quelle est la situation financière de la CCEMS ?

La situation économique et budgétaire de la Communauté de Communes Eure Madrie Seine reste saine. Les élus ont voté, mardi 2 février dernier, un budget ambitieux à l’unanimité. Malgré la baisse des dotations de l’État à laquelle nous devons faire face, la collectivité souhaite continuer sur cette bonne gestion et propose des investissements structurants sur de nombreuses communes du territoire. Oui pour une fusion, mais pas à n’importe quel prix

Les élus de la CAPE, de la Communauté de communes des Andelys et d’Epte Vexin Seine lancent un appel solennel pour que la CCEMS rejoigne la future « grande CAPE ».

Appel solennel, déclaration d’amour, visite de monsieur Lecornu, nombreuses rencontres avec les maires, il y a de quoi être déstabilisé. Les propos de Monsieur Duché dans l’impartial « prendre le risque de venir plus tard et en quelque sorte subir ce qui aura déjà été engagé » ne sont pas faits pour les rassurer.

Y a –t-il un autre choix pour la CCEMS ?

Il y a un autre choix possible pour EMS : celui de se regrouper avec la CASE (Louviers) avec laquelle nous travaillons en bonne intelligence. Un exemple : par convention l’ensemble des permis de construire d’EMS sont instruits à la case (à l’exception de Saint Aubin). Nous avons la même philosophie de travail vers les communes avec le développement économique et ça se voit !

Nous aurions ainsi deux collectivités de taille presque identiques sur l’Axe Seine. D’un coté la CASE et EMS avec 96 566 habitants et de l’autre la CAPE, la CCAE et EVS avec 84 774 habitants.

Certaines communes de la CCEMS ne semblent pas être favorables à une fusion avec la CAPE et pourraient même demander leur bon de sortie. Est-ce un des obstacles qui vous empêche de franchir le pas ?

Lors des votes des communes sur le schéma du Préfet seules 6 communes ont clairement émis le souhait d’un regroupement avec la CAPE. Au niveau de la communauté de communes, une large majorité (27 favorables, 11 contre, et 3 nuls) a décidé maintenir le périmètre actuel d’EMS et proposé de continuer la réflexion sur un projet de fusion entre la CAPE, la CASE et EMS.

Le souhait est de réfléchir avant de fusionner sans attendre des années. Par contre, il ne faut pas non plus laisser croire que l’on peut facilement sortir d’une intercommunalité surtout quand elle vient de fusionner.

Dans son interview, Frédéric Duché indique vouloir prendre le temps d’un rapprochement entre la CAPE, la CASE et la CCEMS.

Je m’étonne que les élus de la CAPE indiquent ne pas vouloir aller trop vite dans le développement de l’Axe Seine qui nous semble pourtant une priorité. A contrario, ils tentent de nous imposer un délai très contraint dans la fusion avec leur collectivité ne nous permettant même pas de prendre le temps de la réflexion.

Croyez-vous qu’il y a une crainte politique des élus ?

Il existe une crainte que les « petites communes » soient moins entendues dans un grand ensemble. Oui certainement !

Il n’a pas échappé à monsieur Duché que toutes les agglomérations nous entourant ont des élus de droite ! La fusion qui se fera ne sera donc pas un choix de politique politicienne, mais bien un projet de territoire. Je dois aussi vous avouer que la place que j’occupe actuellement je la dois à Monsieur Champey ancien maire de Gaillon de droite qui avait suggéré à Monsieur Recher de me prendre comme Vice-présidente.

Jusqu’à présent il n’y avait pas de posture politique des élus au sein d’EMS. Ce débat a modifié les règles et je le regrette. J’aspire à retrouver une certaine sérénité dans notre hémicycle : maires ou conseillers municipaux, mais tous en tant que conseillers communautaires. Ce qui m’importe le plus c’est qu’à la fin de mon mandat les habitants d’EMS soient entre de bonnes mains et qu’on ne les oublie pas.


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21, rue de Tournebut BP 20 27940 AUBEVOYE - Tél. 02 32 53 87 00


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